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La Sécu est “le patrimoine de ceux qui n’en ont pas !”

L'Assurance Maladie a 75 ans

On doit cette belle et pénétrante formule au professeur de droit public et spécialiste de la protection sociale Michel Borgetto. Et elle a, en tout cas,  une « couleur » singulière. Il est vrai que l’on fête ces derniers jours les 75 ans de la Sécurité sociale. Interrogé par Emmanuelle Heidsieck, pour le magazine Viva, le juriste a donné son point de vue l’avenir de cette conquête sociale.

La Sécu est mal connue

Michel Borgetto admet que la Sécurité sociale, et son fonctionnement, sont mal connus des français. Lesquels y sont malgré tout très attachés. La Sécu est « perçue le plus souvent comme une simple machine à « débiter » des prestations (…) et n’occupe pas toujours, dans le débat public, la place centrale qui devrait être la sienne (…). »

Des apports fondamentaux

Pourtant les apports de la Sécu sont très importants. Couverture de l’ensemble de la population dans le champ de la santé, augmentation régulière de l’espérance de vie, soutien des revenus des plus modestes, rapprochement des niveaux de vie des inactifs et des actifs… Et le juriste de rappeler que “l’importance des défis à venir ne saurait masquer l’essentiel : la valeur indépassable de la Sécurité sociale en tant à la fois que mécanisme essentiel de protection et vecteur substantiel de cohésion sociale. »

Dangers à l’horizon !

Michel Borgetto pointe des dangers pour la Sécu comme la tendance à vouloir fondre son budget avec celui de l’Etat. « Si elle devait survenir, une fusion des budgets serait bien évidemment très inquiétante : puisque cela aboutirait in fine à faire dépendre le financement du système, et donc le niveau de protection, des arbitrages du pouvoir politique, ce que les pères fondateurs, privilégiant en 1945 la cotisation et l’idée de « salaire différé », avaient voulu à tout prix éviter… » 

Nous vous invitons à lire l’intégralité de l’interview où il est question, également, de la « dette Covid » et de la 5 ème branche Autonomie.

« La Sécurité sociale est le patrimoine de ceux qui n’en ont pas », estime le professeur Michel Borgetto